Les Filles de la Charité

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Grâce aux Ateliers de la mémoire bacalanaise, de nouveaux visages ont pu être identifiés sur cette photo qui fut la première à être publiée sur ce blog le 10 mars 2009. C’est pourquoi nous la remettons à la « Une ». Le prochain atelier aura lieu le jeudi 9 avril à 15h00. N’hésitez pas à nous appeler pour vous inscrire : 05 56 50 61 16. Jusqu’à une date récente, Bacalan abritait ses religieuses, « Les Filles de la Charité ». Elles étaient partout, dans tous les coups, dans la vie associative, infirmières, couturières, syndicalistes, etc.
Cette photo a probablement été prise entre 1934 et 1936 devant une grange de la ferme Poquet, non loin de celle de Robert Vidou, car, on ne le sait plus, Bacalan abritait plusieurs exploitations agricoles en son Nord et Nord-Ouest, celle des Poquet se trouvait à l’angle des chemins de Labarde et de Pernon (aujourd’hui avenue du Golf). Deux autres fermes, celle des Belot et celle des Bordas étaient, elles, au long du chemin de la Palu, plus proche de La Garonne. Toutes ces exploitations faisaient essentiellement de l’élevage de vaches et produisaient du lait. La culture de l’artichaut est venue plus tard sur les colmatages.
Il y avait Ismaël le père, Albertine la mère et leurs deux fils, Maurice et Yvan. C’était des bienfaiteurs des Filles de la Charité qui se rendaient souvent là-bas avec leurs ouailles pour prendre l’air de la campagne à quelques encablures des aciéries de Longwy et du Bacalan industrieux.
La mère de Pierre Cétois, Louise, se rendait dans ces fermes une fois par semaine pour des travaux de repassage et de broderie avant d’ouvrir sa blanchisserie-teinturerie « Lavexpress » au 48, boulevard Brandenburg jusqu’en 1965.
« Toutou » Patoiseau qui s’appelait en réalité Marthe Eynemard, la petite fille blonde en bas et au centre de la photo (7) se souvient que sa grand-mère Marthe donnait des cours de couture dans le local que les sœurs avait rue Achard, mitoyen de l’ancien poste de police. Sur la photo, il y a sa tante, Andrée Patoiseau (6) qui aurait 95 ans en 2009.

Outre les religieuses à cornettes, de gauche à droite, Marie, Françoise, Thérèse (Thérèse Palazot, infirmière qui circulait dans une voiture à pédale offerte par les Bacalanais) et Marthe, on a pu identifier Ginette Palis (1), Rolande Brun (2, sous réserve), Raymonde Dufourquet (3), Marcelle Arnaudin (4) (22 ou 24 ans sur la photo, 97 ans en 2009), Joséphine Fouret (5), Andrée Patoiseau (6) (20 ou 22 ans sur la photo, aurait 95 ans en 2009), « Toutou » Patoiseau (7) (5-6 ans sur la photo, 81 ans en 2009), Marguerite Labadesse ép. Péchambert (8), Jeanne Ellisalde (9), Marguerite Roux alias « Guiguite » (10) et Simone Emery (11).

Dans n°24 du journal de Bacalan, Rolande Rauly, ép. Ménard, signe un article sur le départ définitif des « Filles de la Charité » le 31 décembre 2008 après 130 années de présence, que voici :
« Depuis plus de 130 ans, Bacalan avait parmi ses habitants une communauté religieuse : les Filles de la Charité. Le 31 décembre 2008, elles ont définitivement quitté le quartier, avec un pincement au cœur. Nous les avons fêtées avant leur départ : elles sont venues de Nîmes, d’Agen et d’ailleurs.
Elles ont dit avec beaucoup d‘émotion leur attachement à ce quartier, à ses habitants, à ses associations dans lesquelles elles ont milité.
Qui a oublié ?
Les soins infirmiers donnés par Sœur Thérèse à tous les Bacalanais sans distinction… (qui lui ont acheté une voiture à pédales pour ses déplacements).
Christiane Bellier a créé et fait fonctionner l’Atelier d’habitants dans un collectif pour réhabiliter les maisons individuelles de Claveau, au lieu de les détruire…
Jeanne Régent administrateur de l’APCLP (Association pour la Promotion des Clubs de Loisirs et de Prévention) a largement contribué à la mise en place de la Régie de quartier qui emploie aujourd’hui 48 personnes.
Marie-Cath, 25 ans à Bacalan, Lumineuse, fermetures d’usine, Action Catholique Ouvrière, Action Catholique Enfants, syndicat, une militante.
Crescencia, ACO, ACE, vie associative, familles ; partie en Bolivie aider sa communauté dans un des pays les plus pauvres du monde… et bien d’autres.
Bien avant l’institutionnalisation que l’on connaît aujourd’hui, elles avaient, avec des habitants bénévoles, mis en place soutien scolaire, alphabétisation, défense du consommateur avec des succès certains sur lesquels elles sont restées discrètes…
Nous leur avons témoigné notre reconnaissance et notre amitié en rappelant les bons souvenirs qu’elles ont laissés.
A DIEU »
Rolande Ménard

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