Qui se souvient de la Faïencerie Léon Bertrand à Bacalan ?

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Nous publions un texte-appel de Cyril Lafon à propos de la faïencerie Bertrand, sise au 50 rue Delbos, reprise au début du XXe siècle par un industriel de Meurthe-et-Moselle. Les photos suivantes fournies par Cyril Lafon localisent la faïencerie en 1924.

Dans l’album Hello, on trouve deux photos d’ouvrières et d’ouvriers (1910) travaillant dans une faïencerie; est-ce celle-ci ? Qui nous le dira ? Peut-être Gérard Hello s’il a conservé des assiettes fabriquées dans cette usine ?

Marie-Louise Beau, épouse d’Albert hello, a travaillé quelque temps dans une faïencerie qui devait se trouver rue Delbos. On la voit ici (dernière à droite) posant avec ses collègues devant les charettes à bras qui servaient à transporter les marchandises (vers 1910).

Bonjour.
Originaire de l’Est de la France, je fais des recherches concernant la faïencerie Léon Bertrand de Bordeaux, sise jadis au 50 rue Delbos, dans le quartier Bacalan.
Léon Bertrand, un natif de la Gironde, était un entrepreneur spécialisé dans le commerce de cheminées d’usine. Pour un motif réglementaire assez obscur, il fonde, probablement à la fin du XIXe siècle, une usine de céramique.
Cette initiative relevait-elle d’une volonté de diversifier ses activités ou d’occuper un marché local laissé vacant par la fermeture des établissements Vieillard ? A-t-il eu l’opportunité de récupérer une partie de l’outil de production de la célèbre faïencerie de Bordeaux, en faisant appel à un personnel déjà qualifié ? Toujours est-il que les productions estampillées L. Bertrand vont – semble-t-il– essentiellement se cantonner à des pièces utilitaires (services de table et de toilette), aux formes simples et à la décoration d’une qualité moyenne.
L’une des estampilles apposées sur les productions Bertrand reprend le fameux chiffre de Bordeaux, les trois croissants de lune entrelacés emblématiques de la ville et utilisés par Vieillard, entre autres, pour marquer ses pièces.
Des assiettes à vignette, toujours signées Bertrand, ont pour thème la campagne de Madagascar. Si l’on tente de situer dans un contexte historique cette production – ce type de faïences se voulait souvent représentatif de son époque –, sa date d’impression pourrait se situer à la fin de l’année 1895, ou tout du moins, aux années qui suivent. La faïencerie Bertrand était-elle déjà en activité, côtoyant la Faïencerie Vieillard expirante ?
Un rapport d’un ingénieur des mines d’avril 1905, porté à ma connaissance par un descendant de la famille Bertrand, rapporte que « Léon Bertrand, entrepreneur résidant 18 rue Tanesse à Bordeaux, déclare mettre en service un générateur de vapeur pour les usages de sa faïencerie, située dans le quartier Baccalan, rue Delbos ».
À une date qui me reste inconnue, la manufacture de Badonviller, en Meurthe-et-Moselle, alors dirigée par Édouard Fenal, devient propriétaire de la faïencerie Léon Bertrand.
Les intentions qui ont présidé à une telle acquisition restent floues, Badonviller comptant parmi les plus importantes faïenceries de France dans le premier quart du XXe siècle, après avoir absorbé les manufactures de Saint-Clément et de Lunéville.
Édouard Fenal voulait-il – en vertu d’une logique d’expansion de son outil industriel finalement aléatoire et hasardeuse – ajouter une ramification girondine à son groupe ? L’acquisition de l’usine de la rue Delbos aurait-elle été motivée par un contexte historique, les Fenal, en cas d’invasion allemande, s’assurant une production rendue possible plus au sud ?
Des courriers de correspondance attestent que la désignation « Faïencerie bordelaise – anciens établissements Bertrand » va disparaître au profit de la désignation « Faïencerie de Bordeaux Édouard Fenal ». Dès lors, les productions de la rue Delbos seront estampillées d’un blason EF Bordeaux (Édouard Fenal), la signature Bertrand disparaissant.
J’ignore la date de fermeture de la faïencerie Édouard Fenal de Bordeaux et ne sais rien des conditions dans lesquelles elle est intervenue.
Je lance un appel à toutes les personnes en possession d’informations susceptibles de faire avancer mes recherches, les Archives départementales de Gironde ainsi que le greffe du tribunal de commerce ne détenant aucune archive permettant de répondre à mes interrogations.
Je reste intéressé par tous les contacts que vous pourriez me donner, par tout document me permettant de progresser dans mes recherches et bien sûr, par tous les témoignages de locaux qui pourraient m’aider. D’avance, merci à toutes et à tous.
Cyril Lafon de R. – clderi@yahoo.fr – 06 16 80 87 51

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