Georges Guichemerre, alias Padenaz

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Georges Guichemerre, alias Padenaz (14 octobre1900 – 02 janvier 1998).
Né cité Maldant (Charles-Martin), fait sa scolarité à l’école Blanqui, rue De New-York sous la direction de M. Ferchaut.
A fréquenté le patronage de l’Hirondelle de Saint Rémi.
Tourneur sur métaux aux établissements Berthomé, s’engage dans la marine en 1917, se retrouve à l’arsenal de Cherbourg à la fin des hostilités.
Accomplit son service militaire légal au 144e RI à Bordeaux comme sergent.
Aux environs de 1922, joue comme demi en équipe première du BAC. Sélectionné par la Ligue du Sud-ouest pour un match international contre la province de Guipuzcoa. Est encore membre du bureau en 1935.
Entré au Port autonome à un poste de maîtrise, il y reste jusqu’à sa retraite.
Parallèlement, à partir de 1915, entreprend une carrière dans le spectacle ; sous la coupe de Francis Grangier, professeur au conservatoire, part en tournée dans toute la région.
Le canevas d’une représentation se composait de trois parties :

  1. une pièce en un acte
  2. un artiste en solo
  3. une opérette ou un vaudeville

Les cachets étaient de 50 francs pour une prestation, 70 francs pour deux, 100 à 150 francs pour un programme complet !

Il a écrit une opérette, « Boum à Sidi Boubou », a participé au tournage de plusieurs films et son numéro d’acrobate « Jim et Walter » est resté célèbre.

Il a composé un hymne à Bacalan que nous vous délivrons intégralement ici :

MON QUARTIER

Que tu es beau, oh ! Mon quartier !
Et combien tu es sympathique.
De tous les quartiers de Bordeaux
Tu es le seul, tu es l’unique.

Tu possèdes un je ne sais quoi
Qui te rend des plus attachant
Et qui laisse les gens pantois
Quand je dis « j’aime Bacalan ! »

Et oui, je t’aime, oh ! Mon quartier !
Puisque, bien sûr, tu m’as vu naître,
Et grandir, et puis m’évader,
Ce qui m’a fait mieux te connaître.

Quand je te retrouve aujourd’hui,
Après tant d’années de distance,
Ma mémoire n’a pas d’oubli
En comparant la dissemblance.

Mon école où j’ai tant appris
A disparu, et c’est dommage !
Nous l’appelions « Collège Blanqui ! »
En étudiant avec courage !

Quand je regarde ton clocher,
Si modeste, si minuscule,
Je dis, avec tout mon respect,
Ils ont construit un Edicule !!

Et pourtant, pour les jours de liesse,
Quand ses cloches carillonnaient,
Tout le quartier plein d’allégresse,
Aimait à se retrouver.

Sans que ce soit une psychose,
On côtoyait, de ci de là,
Des chasseurs, des pêcheurs d’alose,
Le pharmacien, le Bureau de tabac !

Mais la chose la plus exquise,
Qui s’est gravée dans mon regard,
C’est d’avoir vu la rue Achard,
Transformée en : Rue de « Venise » !

Quand la Garonne, pas gentille,
Débordait, toujours, au printemps,
Soit à la rame, ou la godille,
Les bateaux passaient lentement !
Quel autre quartier de la ville
Peut se flatter d’en voir autant !
Et quand le BAC, cher à mon cœur,
Disputait un match « aux platanes »,
Combien y-a-t-il eu de castagnes
Distribuées avec ardeur !

Mais ça, il ne faut pas le dire,
Ça se passait, donnant, donnant !
Beaucoup de gens aiment médire,
On est fair play à Bacalan !

Mais le temps passe et tout s’efface,
Et mon quartier est toujours là !
Aussi riant, aussi vivace,
Avec ses filles, avec ses gars !

Alors, laissez-moi redire,
Avec amour, avec l’accent,
Et dans un grand éclat de rire,
C’est mon quartier, c’est Bacalan !

Si le nombre de pieds n’est pas exact,
C’est mon cœur qui écrit avec beaucoup de trac !
Je demande pardon à ma gentille Muse,
D’avoir pris pour violon mon humble cornemuse !

GUICHEMERRE
Padenaz-Juillet 1990

(Photos : Renée Perodeau, ép. Soulié, nièce de Padenaz lui-même frère de sa mère, d’Hélène Guichemerre)

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