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Le charretier des comestibles

29 Mai 2009 | 0 commentaires

Il s’appelait Henri Subira, né à Bordeaux en 1897 mais fils d’Espagnols arrivés au XIXe siècle. En 1918, alors qu’il travaillait sur un bateau en cale sèche dans la grande forme de radoub des bassins à flot, il a fait une chute de 14 mètres qui ne l’a pas tué malgré les quatre heures qu’il fallut à l’ambulance à chevaux pour le transporter jusqu’à l’hôpital. Hésitant entre la vie et la mort, Henri mit trois ans à récupérer de toute cette casse d’os et de tête. Vers 1930, il achète un terrain et une maison en bois au 69 de la rue Blanqui. C’était un ancien bureau de la CITRAM (société de bus girondine) qui avait ses garages rue des Docks (qui n’existe plus, se situait juste après l’huilerie Maurel et Prom). Il achète une jument, « Coquette » pour faire le charretier entre Bordeaux-centre et Bacalan pour le compte des « Comestibles » du quartier.
Parti dès 6h du matin après avoir nourri et abreuvé « Coquette », il se rendait jusqu’à la place Maucaillou où il stationnait pour réceptionner les commandes que les commerçants passaient au marché des Capucins et que des « portanières » transportaient dans de grandes panières rondes en osier juchées sur leur tête du marché jusqu’à la charette en criant le nom du client. Les commerçants ne disposaient pas alors de moyens de locomotion autres que le tram.
Une fois chargé, Henri repartait au pas vers 8 h jusqu’aux Quinconces en passant par Saint-Michel. De là, l’astuce consistait à éviter le cahot des pavés en roulant sur les rails du tram, ce qu’il ne pouvait faire avant à cause de la fréquence des trams.
Arrivé à Bacalan, il livrait sa marchandise rue par rue chez tous les commerçants jusqu’à la cité Saint-Aignant aujourd’hui Pascal-Lafargue. Il terminait sa tournée vers midi et rentrait « Coquette » à l’écurie située dans l’impasse Richard donnant sur la rue Delbos.
Sur la photo appartenant à Angel Subira, fils d’Henri et d’Odette, on le voit chevauchant « Coquette » dans l’impasse devant un mur de briques d’un bâtiment de Dyle et Bacalan dont les ateliers allaient de la rue Delbos à la rue de New-York.
« Coquette » fut réquisitionnée par le gouvernement le deuxième jour après la déclaration de guerre en 1939.

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Étiquettes : bacalanstory | Didier Périz

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